Rendez-vous de l'histoire

Du 7 au 10 octobre, le conseil départemental accueille les Rendez-vous de l'histoire dans trois de ses salles et aux archives départementales de Blois. Les événements programmés en salle Kléber-Loustau seront retransmis en vidéo et visibles sur la chaîne YouTube du département.

À l'occasion du festival, la collectivité accueille l'exposition "Les Français au travail de 1945-1980. Archives photographiques de la Documentation française" proposée par l'ECPAD, jusqu'au 19 octobre.
Vernissage pendant les Rendez-vous de l'histoire, vendredi 8 octobre à 14 h 30, salle Rochambeau.

Jeudi 7 octobre

Salle Kléber-Loustau

14 h 30 à 16 h - TABLE RONDE
"L'Union européenne et le travail : quelles compétences, quels débats, quelles perspectives ?"

Alors que la pandémie a contraint nombre d'Européens au chômage partiel et en a plongé certains dans une forte précarité, la question du travail occupe à nouveau le centre des débats. Dans ce contexte, l'Union européenne a mis en place un plan de relance fondé sur un endettement commun, ce qui constitue une véritable révolution. Pour autant, l'UE n'a que de faibles compétences en matière d'emploi et de conditions de travail alors même que ces enjeux touchent la vie quotidienne des citoyens. Néanmoins, ces derniers disposent de la possibilité de travailler dans un autre pays membre que le leur, ce qui est loin d'être négligeable au regard des difficultés que rencontrent les extra-européens pour venir s'installer en Europe. Ainsi, durant la crise des années 2008-2010, nombreux sont ceux qui, dans les pays les plus touchés, sont partis s’installer en Allemagne pour tenter d’y trouver un emploi, alors que la présence importante de travailleurs polonais en Grande-Bretagne a largement alimenté les débats sur le Brexit. Enfin, depuis des décennies déjà, l’Union est souvent accusée de négliger les enjeux sociaux et de ne pas avoir tenu ses promesses en termes de création d’emplois. Il est donc essentiel de nous interroger sur cette dimension de la construction européenne. Quelles sont les compétences exactes de l'UE en la matière ? Quelles sont les dispositions déjà existantes dans le domaine du travail ? Quels sont les débats actuels au sein des institutions européennes ? Quelles sont les perspectives d’avancée dans l’harmonisation des conditions de travail ? Quel est l'impact de la relance en matière sociale ? Et quelles sont les attentes des citoyens ?

Modérateur : Marion Gaillard, enseignante Sciences Po Paris.
Intervenants : Marcel Grignard, ancien président, Confrontations Europe.
Klervi Kerneïs, assistante de recherche affaires sociales, Institut Jacques Delors.
Isabelle Maquet.
Eddy Vautrin-Dumaine, directeur d'études, Kantar Public.

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16 h 30 à 18 h - TABLE RONDE (en partenariat avec le conseil départemental)
« Les ouvriers du fleuve », par la Mission Val de Loire

Le paysage culturel du Val de Loire, reconnu comme tel par l’UNESCO, a été façonné par le travail et continue à l’être. Mais quand on associe ces deux termes du travail et du paysage pour le Val de Loire, les figures historiques qui viennent à l’esprit sont facilement celle du solide mais sympathique marinier, du matois mais talentueux vigneron, ou encore du discret mais efficace maraîcher. Il se trouve que le Val de Loire a aussi compté par le passé des travailleurs moins typiques du terroir, des prolétaires plus ordinaires, qui eux-aussi ont participé au développement de leur territoire, souvent en lien avec le fleuve comme voie de transport. L’exemple le plus éminent sur le site inscrit est sans doute celui des ardoisières de Trélazé, et dans une moindre mesure le souvenir du fonctionnement ancien des champignonnières du Saumurois. On sait moins que, toutes proportions gardées, le Val de Loire a aussi eu ses mineurs de fond, en Anjou, ceux du bassin houiller de la basse Loire, actif du XVème siècle jusqu’en 1964. Cette mémoire ouvrière dont quelques traces sont conservées à Chaudefonds-sur-Layon sur le site des Malecots, au bord de la corniche angevine sera évoquée au cours de cette table ronde.

Modérateur : Rémi Deleplancque, chargé de mission à la Mission Val de Loire.
Intervenants : David Couzin, inspecteur des sites DREAL.
Hélène Poncet-Laverdure, responsable du développement touristique – CC Loire Layon Aubance.

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Salle capitulaire

10 h 30 à 12 h - CINÉ-CONFÉRENCE
Diario di un maestro : histoire d'un film

 

14 h 15 à 15 h 45 - TABLE RONDE
Négocier, résister, contourner, s'émanciper : les enjeux politiques du travail

Carte blanche à l'AFHMT - Association française pour l'histoire des mondes du travail
Les principaux enjeux politiques de notre époque – globalisation, inégalités, démocratie – ne sauraient être véritablement compris sans les perspectives de l’histoire de longue durée du travail. Une histoire renouvelée incite à reprendre non seulement les processus de mises au travail, mais aussi les pratiques, les projets et les politiques déployés par les travailleurs dans la défense de coutumes et d’intérêts, personnels ou collectifs. La table-ronde fera dialoguer des historiennes et historiens spécialistes de différentes périodes (moderne et contemporaine) et de différentes aires culturelles (Europe, Afrique).

Modérateur : Solène Rivoal, docteure, maîtresse de conférences en histoire moderne (Albi, Université de Toulouse).
Intervenants : Corine Maitte, professeur à l’Université Paris-Est Marne-la-Vallée.
Michel Pigenet, professeur émérite d'histoire contemporaine, chercheur, Paris 1 Panthéon-Sorbonne, Centre d'histoire sociale des mondes contemporains.
Camille Fauroux, maitresse de conférences, Université Toulouse 2 Jean Jaurès, laboratoire FRAMESPA.
Romain Tiquet, chargé de recherches, CNRS, IMAF

 

16 h 30 à 17 h 45 - CINÉ-CONFÉRENCE
Cinéastes résistants : filmer le travail en contexte autoritaire au Maghreb depuis les années 1960

Intervenante : Marie Pierre-Bouthier, docteure en cinéma, à l'Université Paris 1 et attachée d'enseignement et de recherche à l'Université de Montpellier-3

 

Salle Lavoisier

10 h à 11 h 30 - GRANDE CONFÉRENCE
Le chantier cathédral, lieu de travail au Moyen Âge

Carte blanche à l’AFHMT- Association française pour l’histoire des mondes du travail
Par sa dimension monumentale, par sa durée, par les moyens mobilisés, la construction d’une cathédrale semble sans commune mesure avec la plupart des activités menées entre le XII° et le XV° siècle. Et c’est comme des exceptions que, très tôt, les chantiers cathédraux ont été envisagés et valorisés ; leur étude se développant de manière presque autonome par rapport à celle des métiers médiévaux. Dans un monde considéré comme « dominé par l’artisanat », l’accent a été mis sur l’or des cathédrales, la figure de l’architecte, la loge des tailleurs de pierre, l’imposante main d’œuvre salariée ou le recours aux machines. L’atelier domestique et le chantier cathédral sont pourtant fruits d’une même société. Ils s’enracinent dans une même population, un même environnement, une culture commune. Les sources témoignent d’échanges qui brisent l’isolement historiographique du chantier monumental et réduisent les différences à une question d’échelle. La cathédrale peut alors devenir un point d’observation privilégié des techniques et des pratiques professionnelles. Sa démesure peut, en retour, être reconsidérée à l’aune d’une approche technique, sociale et économique renouvelée, qui ancre le chantier cathédral dans les pratiques de son temps. Cette intervention se propose d’explorer ce thème sous l’angle des idées reçues, de la construction historiographique et des apports récents de la recherche, réinterrogeant la nécessité de défrichements intensifs pour édifier les charpentes de ces églises ou l’élan spirituel engageant toutes les strates de la population à participer à ces chantiers.

Modérateurs : Florence Chaix, Inspectrice pédagogique régionale, Académie Orléans-Tours.
Françoise Beauger-Cornu, formatrice, INSPE centre-Val de Loire.
Intervenants : Philippe Bernardi, Directeur de recherche, CNRS - LaMOP

 

14 h à 15 h 30 - GRANDE CONFÉRENCE
Travailler en France après 1945

Les multiples transformations qui affectent la société française après 1945 trouvent leur origine dans les évolutions du travail même et interdisent la bipartition trompeuse Trente Glorieuses / crise : une mécanisation rapide bouleverse l’agriculture engagée dans une contraction durable. La rationalisation affecte la quasi-totalité des branches industrielles. L’essor des services favorise enfin une croissance soutenue de l’emploi féminin. Cependant, la désindustrialisation qui apparaît à l’orée des années 1960, induit des difficultés sectorielles et régionales croissantes. Il faudra ainsi observer les figures du travail, l’activité même, les conditions d’emploi ou les modes de rémunération pour rendre compte des différenciations croissantes à l’intérieur des mondes du travail.

Intervenants : Xavier Vigna, professeur d'histoire contemporaine, Université Paris Nanterre 2 & Institutions et Dynamiques historiques de l’économie et de la société.
Sébastien Annereau, IEN Lettres-histoire, académie de Nantes.
Jérôme Presneau, Professeur de lettres-histoire au lycée Goussier de Rez.

 

16 h à 17 h 30 - TABLE RONDE
Les journalistes au travail, de la presse écrite à Internet

Carte blanche à la Société pour l’Histoire des médias
Croisant histoire de la presse, de l’audiovisuel et du numérique, cette table ronde invite à penser l’évolution du travail des journalistes sous l’effet de changements technologiques (par ex. des moyens de production, transmission et diffusion ; évolution des studios et plateaux ; passage à la couleur et à plusieurs chaînes télévisées ; développement du Web et de pure players, etc.). Les intervenant-e-s éclaireront au travers de temps forts les inflexions qui se font jour au XXè siècle dans le travail des journalistes, ainsi que les réactions, adaptations, contestations au sein de la profession.

Modérateur : François Robinet, Maître de conférences en histoire contemporaine à l’université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines, Université Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines
Intervenants : Isabelle Veyrat-Masson, Directrice de recherche, CNRS, Irisso, Université Paris Dauphine.
Rémy Rieffel, Professeur à l'Université Paris 2 Panthéon-Assas (IFP), Université Paris 2 Panthéon-Assas (IFP), laboratoire CARISM.
Christian Delporte, Professeur des universités, Université Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines, président de la SPHM, Université Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines.
Claire Blandin, Professeure à l'Université Sorbonne Paris Nord, Université Sorbonne Paris Nord

Vendredi 8 octobre

Salle Kléber-Loustau

11 h 30 à 13 h - TABLE RONDE (en partenariat avec le conseil départemental)
La Documentation française et la France au travail 1945-1980. Le point de vue de l'État

Table ronde, carte blanche au Ministère des Armées en lien avec l’exposition présentée dans l’espace Michel Delpech du Conseil départemental
En lien avec l’exposition organisée par l’ECPAD « Les Français au travail 1945-1980. Archives photographiques de La Documentation française », la commissaire de l’exposition, Mme Lucie Moriceau-Chastagner, propose une table ronde intitulée « La Documentation française et la France au travail 1945-1980. Le point de vue de l'État ». En se fondant sur les archives iconographiques de La Documentation française, les intervenantes reviendront sur la genèse de cette extraordinaire entreprise de documentation d’État fondée en 1945, ses objectifs d’information factuelle comme le rôle sous-jacent que sa photothèque a eu dans la construction d’une œuvre photographique d’envergure et encore peu connue aujourd’hui. En effet, près de trente ans avant la création de la Délégation interministérielle à l'aménagement du territoire (DATAR), cette photothèque administrative développe une politique de soutien à la création d’œuvres documentaires et engage de nombreux talents chez les photographes, souvent réunis sous le vocable « humanistes » (Willy Ronis, Robert Doisneau ou bien François Kollar). La communication s’attachera à analyser cette production photographique singulière dans sa double valeur d’art et de document, d’information et de propagande, de témoignage enfin en dessinant une physionomie sociale d’une France en mutation par le travail dans le contexte de l’épanouissement des « Trente Glorieuses ». Avec la participation de Véronique FIGINI-VÉRON, Lucie MORICEAU-CHASTAGNER, Gwenaële ROT.

Modérateur : Lucie Moriceau-Chastagner, Chef du département de la médiation et des publics de l’Établissement de communication et de production audiovisuelle de la Défense - ECPAD
Intervenantes : Véronique Figini-Véron, Maîtresse de conférences en histoire de la photographie à l'ENS Louis-Lumière
Gwenaële Rot, Professeur de sociologie, Sciences Po, Centre de Sociologie des organisations

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14 h 30 à 16 h - ATELIER PÉDAGOGIQUE
Hommage à Samuel Paty : enseigner la laïcité et la liberté d'expression en collège et en lycée.

Proposée par l'APHG Cette table-ronde vise à rendre hommage à Samuel Paty, professeur d’histoire-géographie assassiné le 16 octobre 2020 pour avoir formé ses élèves à l’esprit critique et présenté en classe des caricatures de Mahomet dans le cadre d’un cours d’éducation morale et civique (EMC) : comment, après l’assassinat de Samuel Paty, enseigner la liberté d’expression et la laïcité ? Dans quelle mesure cet évènement particulièrement tragique questionne-t-il les pratiques enseignantes et les rapports aux élèves/parents d’élèves ? Comment enseigner les caricatures en classe après Samuel Paty ?

Modérateur : Christophe Capuano, Professeur d'histoire contemporaine, Université Grenoble-Alpes
Intervenants : Samia Langar, Docteure en science de l’éducation
Iannis Roder, Professeur d’histoire-géographie, directeur de l’Observatoire de l’Education à la Fondation Jean-Jaurès
Christine Guimonnet, Professeure d’histoire-géographie dans l’académie de Versailles, secrétaire générale de l’APHG

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16 h 30 à 18 h - TABLE RONDE
Rwanda : il y a 27 ans, le génocide des Tutsi

Quels enseignements peut-on tirer du rapport Duclert sur le génocide des Tutsi ? La normalisation/réconciliation sont-elles encore possibles ? État des lieux de la recherche sur ce crime contre l’humanité.

Modérateur : Gaïdz Minassian, Docteur en sciences politiques, Sciences Po Paris
Intervenants : Jean Hatzfeld, Journaliste et écrivain
Vincent Duclert, historien, professeur associé à Sciences Po et chercheur à l’EHESS, Sciences Po / EHESS
Hélène Dumas, chargée de recherches au CNRS

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Salle Capitulaire

11 h 15 à 12 h 30 - ATELIER PÉDAGOGIQUE
Le travail et ses mutations en France de 1974 à 1988 au prisme de la jeunesse, un tournant social et culturel vu par les medias audiovisuels.

Dans quelle mesure, à travers l’évolution de la société française de 1974 à 1988, les médias audiovisuels reflètent-ils les mutations d’une jeunesse plurielle dans ses relations au travail ? Nous nous pencherons successivement sur les nouveaux emplois et leur précarité, la scolarisation prolongée et les nouvelles qualifications, l’arrivée massive des jeunes femmes sur le marché du travail, les aspirations culturelles nouvelles d’une génération plurielle, inégalitaire, désabusée face au travail et la place des jeunes issus de l’immigration dans cette société et ce marché du travail en mutation.

Intervenants : Pierre Papet, Professeur d’histoire et géographie au lycée Charles Poncet, Cluses
Jean-Pierre Roux, Professeur
Sophie Bachmann, Chargée de développement action culturelle et éducative, INA

 

13 h 45 à 15 h - ATELIER PÉDAGOGIQUE
Bella Ciao ou les travailleurs immigrés dans la bande dessinée contemporaine

À partir de la BD de Baru, Bella Ciao, qui s’intéresse à la question du prix à payer par l’étranger venu chercher du travail en France pour cesser de l’être, l’atelier apportera un regard historiographique sur la production cartoonistique depuis 1945 mettant en images des représentations du travailleur immigré, et offrira quelques pistes d’utilisation de certaines BD sur le sujet du cycle 3 au lycée.

Intervenant : Christophe Meunier, Formateur INSPE Centre-Val de Loire

 

15 h 30 à 16 h 45 - ATELIER PÉDAGOGIQUE
Roubaix, ville du travail

L’atelier « Roubaix, ville de travail » porte sur le projet d’une émission de radio réalisée par les élèves de terminale HGGSP de quatre lycées roubaisiens. Les élèves y présenteront les conditions de vie, de travail et les sociabilités du monde ouvrier du bassin roubaisien, créant une véritable dynamique locale portée par une démarche positive et réflexive centrée sur leur lieu de vie et d’études.

Intervenants : Sihem Bella, Professeure d’histoire-géographie au lycée Jean-Moulin
Yveline Prouvost, Professeure d'histoire au lycée Baudelaire de Roubaix
Sandrine Gorez-Brienne, Professeure d’histoire-géographie au lycée Emile Zola à Wattrelos
Noémie Lemennais, Professeure d'Histoire- Géographie au Lycée Maxence Van der Meersch de Roubaix

 

17 h 30 à 18 h 30 - SALON DU LIVRE
Une nouvelle histoire du Moyen Âge en Europe. Relectures et nouveaux enjeux

À l’occasion de la publication de l’ouvrage Nouvelle histoire du Moyen-Âge, dirigé par Florian Mazel aux éditions du Seuil

À l’heure de l’histoire globale, le Moyen Âge reste indispensable à la compréhension de l’Europe d’aujourd’hui. Que deviennent le rôle de l’Eglise et l’héritage romain à l’heure de l’émergence de la ville et de l’essor technologique, de l’innovation intellectuelle et de l’affirmation des pouvoirs administratifs ? Florian Mazel étudie ces questions en proposant une relecture critique des travaux de ses illustres prédécesseurs.

Modérateur : Étienne Augris, Professeur d'histoire-géographie et auteur, Revue L'éléphant
Intervenant : Florian Mazel, professeur, Université de Rennes 2

 

Salle Lavoisier

11 h 30 à 13 h 15 - TABLE RONDE
Travailler dans les cuisines d'hier et d'aujourd'hui

Table ronde proposée par l’IEHCA
Quelle que soit l’époque étudiée, les qualités « résistance », « rapidité » et « efficacité » furent toujours de mises dans les cuisines. Toutefois afin de faire face aux conditions de travail éprouvantes du métier de cuisinier, comme de les parfaire au fil des nouvelles méthodes organisationnelles, l’œil de l’observateur est souvent tourné en direction de la condition physique et de la gestion du stress, de l'ordre hiérarchique comme de son débordement. C’est à travers ces représentations que cette table ronde souhaite ouvrir le débat entre historiens et spécialistes du monde du travail. 

Modérateur : Kilien Stengel, Chargé de mission, IEHCA
Intervenants : Florent Quellier, professeur des université en histoire moderne, Université d'Angers
Martin Bruegel, directeur de recherche, histoire contemporaine, INRAE, Ivry
Elsa Laneyrie, maitresse de conférences en psychologie du travail, université Lyon 2
Elodie Sevin, maitresse de conférences en sciences de l’information et la communication, université de Lille

 

14 h 15 à 15 h 45 - TABLE RONDE
Le travail, est-ce la santé ? Les maladies professionnelles et leur prise en compte/en charge avant l'ère industrielle

Carte blanche à l’APHG
La célèbre chanson du regretté Henri Salvador posait à sa façon la question de l’usure provoquée, certes à des degrés divers, par l’exercice de toute profession. Pour les périodes antérieures à l’ère contemporaine, cette question n’a pas bénéficié de beaucoup d’études historiques. La Carte Blanche se propose de l’éclairer dans la longue durée, en mettant au centre du débat la notion de pathologie professionnelle et les moyens d’y remédier. Elle s’inscrit dans un projet collectif d’histoire générale des malades à paraître chez Tallandier et qui inclut des malades du travail pris en considération beaucoup plus tôt qu’on ne croit et mieux documentés qu'on ne l'imagine. L'approche médicale du monde du travail d'autrefois permet de lui donner chair et de rappeler sa dimension physique fondamentale, fréquemment synonyme de souffrances.

Modérateur : Hélène Leuwers, ATER, Université Paris Nanterre et APHG
Intervenants : Franck Collard, président national, APHG
Elisabeth Belmas, PU, Université Sorbonne Paris Nord, MSH Paris Nord
Evelyne Samama, PU, UVSQ

 

18 h 30 à 19 h 30 - SALON DU LIVRE
Discours d'inauguration du Salon du livre d'histoire suivi de la remise du Prix du roman historique

Disours d'inauguration suivi de la remise du Prix du Roman Historique
Intervenant : Pap NDIAYE, Directeur Général, Palais de la Porte Dorée Musée national de l'histoire de l'Immigration

 

Archives départementales (rue Louis Bodin, à Blois)

14 h - 15 h - L'HISTOIRE EN DÉBATS
Main-d'oeuvre encadrée et travail forcé sous le régime de Vichy : exemple de l'Hérault et de la région de Montpellier

Communication proposée par les Archives de France, par Elisabeth PERRIER, chargée d'études documentaires aux Archives départementales de l'Hérault.
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15 h 30 - 16 h 30 - ATELIER PÉDAGOGIQUE
Travailler dans les industries papetières de la vallée du Grand Morin, des archives d'entreprises au service de l'histoire industrielle et sociale 

L'atelier pédagogique / Le Lab de l'enseignant, par Joseph SCHMAUCH, directeur des Archives départementales de Seine-et-Marne.
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Samedi 9 octobre

Salle Kléber-Loustau

9 h 30 à 11 h - TABLE RONDE
Quel monde associatif demain ?

L’association occupe une place paradoxale qui demande à être mieux comprise puisqu'elle a contribué à la construction des démocraties alors que son rôle demeure invisibilisé. Un retour sur l’histoire de l’associationnisme permet d’observer comment le monde associatif au XIXe siècle, avec l’invention de la solidarité démocratique, aspirait à réaliser l’extension de la liberté, de l’égalité, de la fraternité. Le XXe siècle, marqué par les débats économiques et politiques focalisés sur les pondérations entre État et marché, a progressivement vu réapparaitre l’association comme un acteur incontournable pour affronter les défis sociaux et économiques mais aussi, parce qu’elle est un espace citoyen d’action et de débat, pour défendre la démocratie. À la lumière de cette histoire, et sans angélisme ou idéalisation de l’association, se pose aujourd’hui la question de l’avenir du monde associatif. Deux scénarios se dessinent. L’un pointe les limites qui entravent l’action associative ou peuvent l’affaiblir (la néo-philanthropie, la marchandisation, la managérialisation). Le second relève les dynamiques à approfondir ou à mettre en œuvre pour affirmer le potentiel transformateur des associations (travail sur leur fonctionnement interne, synergies au sein de l’économie sociale et solidaire, approches par le commun, co-construction de l’action publique…).

Modérateur : Jean-Louis Laville, Titulaire de la chaire Économie solidaire, CNAM
Intervenants : Marie-Catherine Henry, Coordinatrice Programme de recherche Démocratie et économie plurielles, FMSH
Michel Jezequel, Président CRESS Bretagne
Marianne Langlet, Rédactrice en chef, Revue Lien Social

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11 h 30 à 13 h - TABLE RONDE
Les fabriques de l'information dans un univers numérisé

La transition numérique qui s’opère dans nos sociétés impacte les fabriques de l’information. De nombreux exemples attestent de ces mutations : fake news, réseaux sociaux, etc. Notre univers numérisé se caractérise par un marché fortement concurrentiel mais aussi par de nouveaux outils qui modifient les façons de faire et de penser. L’exemple de l’utilisation de l’intelligence artificielle et des algorithmes illustre ces mutations. Quelles sont les conséquences éditoriales de tels changements ? Quels enjeux démocratiques sont soulevés par ces transformations ?

Modérateur : Nathalie Sonnac, Professeure en sciences de l’information et de la communication, Université Panthéon-Assas - Paris 2
Intervenants : Franck Rebillard, Professeur en sciences de l’information et de la communication, Université Sorbonne Nouvelle – Paris 3
Damon Mayaffre, Chargé de recherche et chargé de cours Université Côte d'Azur, CNRS
Coralie Le Caroff, Maîtresse de conférences en sciences de l’information et de la communication, Université de Paris
Vincent Giret, Directeur de l’information et des sports, Radio France

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13 h 30 à 16 - ATELIER PÉDAGOGIQUE
Enseigner les années Mitterrand

14 années se sont écoulées entre l’arrivée de François Mitterrand à l’Elysée en 1981 et son départ en 1995. 14 années qui ne sont pas des plus simples à enseigner dans les classes de troisième et de terminale. Peut-être parce qu’elles sont encore trop proches pour certains professeurs alors que cette histoire a déjà 40 ans, sans doute aussi parce qu’elles sont comme embarrassées par un récit univoque (l’alternance, l’abolition de la peine de mort, les réformes sociales, la politique culturelle et européenne) que n’est pas venue modifier une historiographie encore trop peu abondante. Durant cette table ronde, des historiens, des politistes, des témoins, des inspecteurs et des professeurs tacheront d’ouvrir de nouvelles perspectives historiques et pédagogiques sur cette période qui à bien des égards constitue un basculement économique, politique et culturel majeur pour le monde, l’Europe et la France.

Intervenants : Frédéric Bozo, Professeur Sorbonne Nouvelle
Dominique Bertinotti, Femme politique, mandataire des archives de François Mitterrand
Matthieu Lahaye, Inspecteur général de l’éducation, du sport et de la recherche
Jean-Pierre Chevènement, Ancien ministre
Elisabeth Guigou, Ancienne ministre
Danielle Le Prado-Madaule, Inspectrice pédagogique régionale
Christine Guimonnet, Professeure d’histoire-géographie dans l’académie de Versailles, secrétaire générale de l’APHG
Thibaut Poirot, Professeur de l’académie de Reims

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16 h à 17 h 30 - TABLE RONDE (en partenariat avec le conseil départemental)
Nouvelles perspectives sur le travail en histoire contemporaine

Carte blanche à la Revue histoire@politique Sciences po
Le travail a été l’objet de recherches importantes en histoire contemporaine à l’échelle européenne au cours des dernières années que ce soit en réinterrogeant des questions classiques comme le monde minier ou la spécificité d’expériences nationales ou en questionnant des champs longtemps négligés comme le droit social. Ce panel se veut un moment pour faire connaître ces recherches à un large public et débattre des pistes portées par l’histoire sociale. Il est l’occasion de présenter les publications de la revue Histoire@Politique, une revue scientifique numérique accessible gratuitement.

Modérateur : Alain Chatriot, professeur des universités à Sciences Po et rédacteur en chef de la revue Histoire@Politique, Sciences Po
Intervenants : Marion Fontaine, Maîtresse de conférences HDR, Avignon Université - Centre Norbert Elias
Nicolas Patin, Maître de conférences en histoire contemporaine, Université Bordeaux Montaigne
Claire Lemercier, directrice de recherches, CNRS

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18 h à 19 h 30 - TABLE RONDE
Télétravail transnational : l'avènement de migrations virtuelles ?

La crise sanitaire a constitué un choc massif de numérisation. Le télétravail s’est généralisé brutalement en mars 2020 et s’enracine depuis dans de nombreuses professions. Cette nouvelle organisation du travail pourrait même engendrer le développement d’un télétravail transnational constitué d’employés ne vivant pas dans le même pays que leur employeur. Ce modèle, qui existait déjà pour les « travailleurs du clic », pourrait ainsi s’étendre aux employés qualifiés, qui verraient à la fois leurs possibilités d’embauches démultipliées et leurs concurrents devenir innombrables. La question des « migrations virtuelles » des employés touche de nombreux secteurs : la finance, l’enseignement supérieur, la médecine, la culture, etc.

Modérateurs : Hippolyte D'Albis, Co-Président, Le Cercle des économistes
Intervenants : Françoise Benhamou, Co-Présidente, Le Cercle des économistes
Carine Milcent, Professeure d'économie, Ecole d'économie de Paris-PSE
Catherine Lubochinsky, Professeure en sciences économiques, Université Paris 2
Rodolphe Desbordes, Professeur d'économie, SKEMA Business School

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Salle Capitulaire

9 h 30 à 11 h - TABLE RONDE
Daguet, une division française dans la guerre du Golfe (1990-1991)

Carte blanche au ministère des Armées
En 2021, la France commémore les 30 ans de la guerre du Golfe et l’engagement de ses forces armées dans la plus grande coalition internationale instaurée depuis la Deuxième Guerre mondiale. Son action s’est traduite par la création de la division Daguet en septembre 1990, chargée de préparer et de participer à l’opération Tempête du désert. Cette opération a modifié en profondeur l’appareil militaire français. En effet, déployant des moyens logistiques et sanitaires colossaux pour asseoir les positions françaises au cœur du désert saoudien, en vue de l’offensive de janvier 1991, la division Daguet a été un laboratoire du concept de modularité et a contribué à la professionnalisation de l’armée française. L’opération a également joué un rôle essentiel dans l’évolution des modes de production et la diffusion des images de l’Établissement cinématographique et photographique des armées (ECPA), structure dont l’ECPAD est l’héritier. Dans le cadre des trente ans de la participation française à la première guerre du Golfe (1990-1991), l’ECPAD réalise un ouvrage consacré à la division Daguet. Le livre sera publié dans la nouvelle collection de l’établissement « Au cœur de », dédiée à la valorisation des archives photographiques et cinématographiques de l’ECPAD sur les conflits contemporains marqués par les opérations extérieures, de 1962 à nos jours. Pour ce lancement, l’ECPAD propose une table ronde réunissant les autrices de l’ouvrage, Bénédicte Chéron et Chantal Alexis, ainsi que Géraud Burin des Roziers, réalisateur et ancien officier-image ayant notamment coordonné la couverture photographique et audiovisuelle des événements par l’Établissement cinématographique et photographique des armées (ECPA). La table ronde sera suivie d'une séance de dédicace.

Modérateur : Chantal Alexis, Chargée d'études documentaires,ECPAD
Intervenants : Bénédicte Chéron, historienne, spécialiste de la communication militaire, Institut Catholique de Paris
Géraud Burin des Roziers, Réalisateur

 

11 h 30 à 12 h 45 - ATELIER PÉDAGOGIQUE
Le Service du Travail Obligatoire (STO), enjeu de la bataille de propagande entre le régime de Vichy et la Résistance

Le 16 février 1943, Vichy adopte la loi du Service du Travail Obligatoire (STO) pour répondre aux exigences allemandes en termes de main-d’œuvre. Cette loi entraine une importante bataille de propagande entre Vichy qui cherche à justifier les départs en Allemagne et la Résistance qui s’efforce de sabote le STO. Cette « bataille médiatique » constitue un moment crucial de l’Occupation. Elle détourne définitivement les français du régime de Vichy et permet à la Résistance d’augmenter ses soutiens.

Intervenants : Sophie Bachmann, Chargée de développement action culturelle et éducative, INA
Fabrice Grenard, Directeur scientifique de la Fondation de la Résistance
Aurélie Luneau, Docteur en histoire et productrice à France culture

 

14 h 30 à 15 h 30 - SALON DU LIVRE
Charles le Chauve. L'Empire des Francs par Laurent Theis

Figure inscrite à la fois dans l’histoire de l’Empire carolingien (comme son grand père Charlemagne, il est couronné empereur à Rome, en 875) et dans celle de la monarchie française (devenu roi de Francie occidentale, en 843, il est inhumé à Saint-Denis), Charles le Chauve est présenté comme réincarnation de l’empereur Constantin, successeur spirituel du roi David et plus haut serviteur du Christ. Son entourage de savants et d’artistes s’emploie à célébrer ce monarque qui joue un rôle décisif pour orienter le destin de la France.

Modérateur : Jean Vassort, Historien
Intervenant : Laurent Theis, Historien médiéviste et éditeur

 

17 h 30 à 19 h - TABLE RONDE
Les mobilités professionnelles dans la France moderne (XVIIe - XVIIIe siècles)

Carte blanche au CTHS
Quels espaces et quelles voies (sociales, géographiques, culturelles) laisse aux mobilités professionnelles la France moderne ? Sont-elles contraintes par les guerres, les crises économiques, favorisées par la volonté royale, la Révolution française ? Par des aventures personnelles ? Par une mutation des critères de la reconnaissance et de l’organisation sociales, à l’aune des carrières littéraires ou de la proto-industrie par exemple ? Les intervenants s’attacheront à la « fabrique » de l’espace urbain à travers les métiers de bouche (aubergistes, cafetiers), ceux des arts de la scène, le monde ouvrier, le prolétariat flottant, comme aux créateurs d’entreprises enrichis dans l’ombre des privilèges royaux et de la ferme.

Modérateur : Philippe Bourdin, Professeur, Université Clermont-Auvergne, IUF, CTHS
Intervenants : Olivier Poncet, Professeur d'histoire des institutions, diplomatique et archives moderne, École nationale des chartes
Anne Conchon, Professeure, Université Panthéon-Sorbonne
Cyril Triolaire, Maître de conférences, Université Clermont-Auvergne
Eleonora Canepari, Maître de conférences, Aix-Marseille Université

 

Salle Lavoisier

10 h à 11 h - SALON DU LIVRE
Pour penser demain, une histoire globale du dernier millénaire

Carte blanche aux éditions Payot
Réfléchir au monde d’après, s’approprier nos futurs implique de cartographier les mondes d’avant. C’est en associant ce que nous disent l’histoire et l’économie, en pensant sur le temps long des trajectoires d’objets comme le travail, la propriété foncière, les choix alimentaires, la productivité et l’énergie que l’on peut dresser un tableau des dynamiques qui ont façonné notre présent. Une étape indispensable à toute réflexion prospectiviste…

Modérateur : Laurent Testot, Journaliste indépendant
Intervenant : Alessandro Stanziani, Directeur d'études à l'EHESS et Directeur de recherche au CNRS

 

11 h 30 à 13 h - TABLE RONDE
"Nos archives" : autour des archives personnelles des historiennes et des historiens

Carte blanche à la revue Entretemps
Depuis l’automne 2020, la revue Entre-Temps propose une série dédiée aux archives personnelles des historiennes et des historiens, qui sont invité·es à exhumer de leur propre fonds une archive dont elles et ils font brièvement le récit. La revue proposera lors de cette programmation d’en faire le bilan, autour d’une discussion avec plusieurs de ses contributrices et contributeurs. Cette discussion sera articulée à la lecture des textes proposés par les intervenant·es.

Modérateur : Patrick Boucheron, Historien, professeur, Collège de France
Intervenants : Sylvain Venayre, Professeur des universités, Université Grenoble-Alpes
Valérie Theis, Professeure des universités, Ecole normale supérieure
Romy Sanchez, Chargée de recherche, CNRS
Bertrand Tillier, Professeur des universités, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne

 

14 h à 15 h 30 - TABLE RONDE
Travail de guerre, 1914-1918 : une autre histoire

Carte blanche au Centre International de recherches de l’Historial de Péronne
Guerre industrielle, guerre de siège : à l’image du monde dont elle est née, la Grande Guerre est impensable sans le travail manuel. Depuis longtemps, cette vérité a nourri une historiographie plutôt classique de la mobilisation industrielle, des usines de guerre, voire des transformations du monde et des mouvements ouvriers. Toutefois, une autre histoire du « travail de guerre » se dessine autour de la constatation que la Grande Guerre exige du travail partout et dans des endroits loin des sites formels de l’économie de guerre. De même, faut-il chercher ailleurs pour trouver les recrues de cet autre « travail de guerre » - recrues qui forment un prolétariat de circonstance et bien diversifié. Quant aux types de travail dont il s’agit, ceux-ci s’inscrivent en faux contre l’évolution du marché de travail et de la production industrielle dans les économies métropolitaines. Ils intègrent, plutôt, les pratiques coloniales et militaires et anticipent les formes de travail autoritaires que vont connaître plusieurs sociétés pendant l’entre-deux-guerres et, sous des formes radicalisées, pendant la Seconde Guerre mondiale. Les fronts – zones de construction et de destruction lors d’une guerre de siège – exigent du travail manuel sur une très grande échelle. Selon un officier du génie britannique sur le front de l’ouest: « Un ensemble d’hommes, de pioches et de pelles a pu enlever plus de terre en creusant ces tranchées que celle excavée lors de la construction du canal de Panama, et en moins de temps. » Certes, le soldat ordinaire est autant travailleur que combattant. Mais ces armées de siège doivent se doter d’un « prolétariat du front » - composé de soldats non-combattants, de prisonniers de guerre, de civils des régions occupées, de travailleurs Chinois et coloniaux etc. Ce prolétariat constitue un bon tiers de l’armée britannique en France en 1917. L’armée russe qui construit le nouveau front de l’est en 1916, suite à la grande retraite de l’année précédente, emploie des centaines de milliers de travailleurs civils réquisitionnés, dont un tiers des femmes, pour cette tâche. Sur les théâtres de guerre « extérieurs », la proportion de travailleurs est encore plus élevée – plus de la moitié des 800,000 soldats indiens en Mésopotamie, par exemple. En Afrique de l’est, Britanniques et Belges embauchent plus ou moins de force plus d’un million de porteurs africains pour soutenir leur campagne contre les Allemands, dont le taux de mortalité s’approchera de celle des soldats du front de l’ouest (au-delà de dix pour cent). Ainsi, fronts militaires, régions occupées, colonies mobilisées, camps de prisonniers de guerre se montrent tous comme des zones en marge des « home fronts » où prévalent d’autres règles, y compris pour le recrutement et l’organisation d’un monde du travail à part. D’ailleurs, le recrutement (sous contrainte) de ces ouvriers provoque les rébellions coloniales les plus importantes de la guerre, en Algérie en 1916 et dans l’Asie centrale russe la même année. Le travail forcé de soldats démunis de leurs armes sera également une étape et un composant du génocide des Arméniens ottomans. Cette table ronde propose d’interroger ce nouvel objet d’étude dans l’histoire de la Grande Guerre de façon transnationale afin d’en esquisser les dimensions et la signification tout comme ses retombées et ses conséquences pour le siècle qui suit.

Modérateur : Stéphane Audoin-Rouzeau, Président - Directeur d'études à l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales, Centre international de Recherche de l'Historial de la Grande Guerre - EHESS
Intervenants : John Horne, Professeur, Centre international de Recherche de l'Historial de la Grande Guerre/Trinity College Dublin
Heather Jones, Professeure, Centre international de Recherche de l'Historial de la Grande Guerre / University College, Londres
Philippe Nivet, Professeur, Centre intrenational de recherche de l'Historial de la Grande Guerre/Université Picardie Jules Verne

 

16 h à 17 h 30 - TABLE RONDE
Le métier de soldat : un travail comme les autres ?

Depuis la suspension du service national, les armées professionnelles suscitent paradoxalement l'intérêt d'une partie significative de la jeunesse scolarisée. En lien avec les programmes d'histoire des lycées, tronc commun et enseignement de spécialité, mais également en cycle quatre de collège, et en lycée professionnel, pour l'enseignement moral et civique, cette table ronde se propose d'aborder la question suivante : que signifie l'engagement dans le métier des armes au service de la nation ?

Intervenants : Bruno Modica, Professeur agrégé d'histoire, lieutenant-colonel de réserve
Hervé Drévillon, Historien, directeur de Mondes en guerre
Jean-Luc Cotard, Communiquant, Revue Inflexions

 

18 h à 19 h 30 - SALON DU LIVRE
Quand le roman s'empare de l'Histoire. Poison d'or : une histoire de la pollution à l'arsenic dans la vallée de l'Orbiel.

Carte blanche aux éditions Verdier
Pendant plus de cent ans, dans la vallée de l’Orbiel, au nord de Carcassonne, les hommes ont extrait l’or des entrailles de la terre. Et le poison qui va avec : l’arsenic, que l’eau et la terre fixèrent en d’infinies quantités. Les familles que nous suivons ici, entre l’écho des grandes guerres et les luttes ouvrières, la Résistance et l’abandon, rassemblent les vaincus d’une histoire qui les a dépassés. Mais voilà qu’un crime vient rappeler à tous que la peine des hommes est immense pour le mal qu’ils se font à eux-mêmes.

Intervenants : Patrick Boucheron, Historien, professeur, Collège de France
Jean-Michel Mariou, directeur de la collection "Faenas", Éditions Verdier

 

Archives départementales (2 rue Lous-Bodin à Blois)

10 h - 12 h 30 - DÉBAT
Quand la guerre change le travail : rationalisation, discriminations et divisions, 1914-1919

Débat organisé par l'Institut Fédéral d'Histoire Sociale des Travailleurs de l'Etat autour de l'ouvrage Hommes et femmes dans les usines d'armement, aux sources d'une conscience ouvrière éclatée 1914-1919, publié en 2019 par l'IFHS-TE-CGT avec le concours scientifique du Service historique de la défense.En présence des auteurs (Marie-Claude ALBERT, Mireille LE VAN HO, Anne-Elyse LEBOURGEOIS, Patrick MORTAL) qui développeront notamment les thèmes du travail des femmes, des migrants, étrangers et coloniaux, des enfants, et analyseront le rôle d'une crise dans les mutations sociétales.
 

Dimanche 10 octobre

Salle Kléber-Loustau

9 h 30 à 11 h - TABLE RONDE
Du travail forcé à l'activité de réinsertion : histoire du travail en prison.

Table ronde proposée par le journal La Croix
Loin des travaux forcés supprimés en France en 1960, le travail en prison, désormais un droit, est devenu un véritable vecteur d’insertion pour les détenus. S’il souffre encore aujourd’hui d’une mauvaise image, les pouvoirs publics cherchent à le développer. Objectif du ministère de la justice : passer de 30% à 50% de détenus avec un emploi rémunéré. Historien, entrepreneur, défenseur des droits font l’état des lieux du sujet

Modérateur : Nicolas Seneze, Journaliste, La Croix
Intervenants : Elsa Génard, Post-doctorante affiliée au Center for History and Economics in Paris et au Centre d'histoire de Sciences Po
Didier Jodocius, Ancien PDG de la PME Wattelez
Mari Goicoechea, Contrôleure chargée des saisines auprès du contrôleur général des lieux de privation de liberté

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11 h 30 à 13 h - TABLE RONDE
Représenter le travail : ambitions et expériences historiques du syndicalisme

Carte blanche à l’Institut CGT d’Histoire sociale
Quelle que soit leur orientation, les syndicats ont toujours affirmé l’ambition de représenter les mondes du travail. En 1884, la loi les y habilite, tout en les cantonnant sur le seul terrain de la défense des intérêts professionnels. Dans cette perspective, l’efficacité représentative s’accommode d’une segmentation inhérente à la variété des métiers, des catégories et des situations locales. Dès ce moment, pourtant, le syndicalisme s’est proposé de dépasser l’étroitesse des horizons corporatifs et territoriaux. Tel est l’objectif des fédérations et unions diverses qui se succèdent avant de déboucher sur la formation, en 1895, d’une Confédération générale du travail, dont le titre affiche la volonté de rassembler l’ensemble des salariés face au capital tant en vue d’améliorations immédiates qu’afin de préparer leur émancipation future. La référence au travail, plutôt qu’aux travailleurs, dont use, en 1919, une CFTC soucieuse de marquer la spécificité confessionnelle de ses membres, procède d’une triple visée. Accordée à la démarche unificatrice de l’organisation, elle désigne son terrain privilégié d’intervention que, simultanément, elle valorise. Tel sera, au demeurant et à partir de préoccupations propres, le choix qu’opérera la CFDT en 1964. Ancrés par définition dans les mondes du travail, les syndicats sont à la fois observateurs et acteurs des rapports sociaux qui s’y nouent sur fond de mutations techniques, d’évolution de la composition du salariat et des modes de gestion du personnel. Au gré des droits conquis et d’implantations inégales dans le temps et l’espace, la capacité représentative des syndicats n’a pas manqué d’influencer leurs représentations du travail. À partir des exemples de la CGT et de la CFDT, la table ronde se propose d’évaluer, d’hier à aujourd’hui, ce que le syndicalisme sait du travail, son aptitude à théoriser cette connaissance et à la mobiliser en projets revendicatifs et de transformation.

Modérateur : Gilbert Garrel, président Institut CGT d'histoire sociale
Intervenants : Michel Pigenet, Professeur émérite d'histoire contemporaine, chercheur, Paris 1 Panthéon-Sorbonne, Centre d'histoire sociale des mondes contemporains
Maryse Dumas, Ancienne membre de la direction confédérale de la CGT, Institut CGT d'histoire sociale
Xavier Vigna, professeur d'histoire contemporaine, Université Paris Nanterre 2 & Institutions et Dynamiques historiques de l’économie et de la société
Laure Machu, maîtresse de conférences, IDHE.S Nanterre
Frank Georgi, Professeur d'histoire contemporaine, Université d’Evry Paris-Sacaly, IDHE.S
Philippe Martinez

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14 h à 15 h 30 - TABLE RONDE (en partenariat avec le conseil départemental)
Travailler pour la mode (XIXe-XXIe siècles)

Carte blanche au CNRS/ Invisu, en partenariat avec le Conseil départemental de Loir-et-Cher
La « magie » de la mode repose sur l’escamotage du travail. Si l’on montre volontiers le grand couturier et ses « petites mains » dévouées, l’essentiel de la production doit rester invisible. Seuls incendies et effondrements d’ateliers ou affaires d’harcèlement font surgir le travail dans la mode. Or il est depuis la fin du XIXe siècle un laboratoire paradoxal, à la fois au cœur du capitalisme marchand mais fait d’ateliers disséminés, de travail à façon, de « presses » et de mortes-saisons. Nous voudrions ainsi interroger ensemble les formes de ce travail et ses archives.

Modérateur : Manuel Charpy, Chargé de recherches au CNRS, CNRS / Invisu
Intervenants : Valérie Albac, doctorante, Université Paris I
Tangui Perron, Historien, Associatin Périphérie et Université Paris I
Fanny Gallot, Maîtresse de conférence, Université Paris Est Créteil
Giulia Mensitieri, post-doctorante, IDHES Université Paris Nanterre
Eve Meuret-Campfort, Chargée de recherche CNRS, CNRS CRESPPA, Centre de recherches sociologiques et politiques de Paris

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16 h à 17 h 30 - TABLE RONDE
Travail et colonies

Carte blanche aux Presses Universitaires de Rennes
La table ronde visera, à partir de trois ouvrages parus ou à paraître aux PUR, à faire dialoguer leurs auteurs autour de la question de la diversité des situations : le premier consacré à l’histoire du droit du travail dans les colonies, le second au travail contraint au Sénégal, le troisième aux Postes et télécommunications dans l’Algérie colonisée, qui comporte notamment 3 chapitres consacrés au travail. Les auteurs des trois ouvrages, publiés chez le même éditeur (les PUR) dans la même collection (Histoire), proposeront de partager avec le public différents aspects du travail en situation coloniale.

Modérateur : Patrick Fridenson, directeur d’études, CRH
Intervenants : Jean-Pierre Le Crom, Directeur de recherches au CNRS, Université de Nantes - MSH Ange Guépin
Annick Lacroix, Maîtresse de Conférence, Université Paris-Ouest-Nanterre
Romain Tiquet, Chargé de recherches, CNRS, IMAF

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Salle Capitulaire

10 h à 11 h - L'HISTOIRE EN DÉBATS
Travailler en bleu (fin XIXe - XXe s.)

Communication proposée par les Archives de France
Entre mythes et réalités, le bleu est un vêtement de travail dont l'histoire peut être appréhendée dans ses dimensions techniques et matérielles, économiques et sociales, politiques et culturelles. Vêtement protecteur, symbole du monde ouvrier, le bleu nourrit encore aujourd'hui avec force les imaginaires sociaux tout en étant une source d'inspiration pour la mode.

Intervenant : Jérémie Brucker
Professeur agrégé histoire-géographie

 

11 h 30 à 13 h - ATELIER PÉDAGOGIQUE
Le travail de l'historien (Pologne, Russie, Rwando, Turquie) : quatre terrains et leurs reflets sur la mémoire européenne

Proposée par l'association Europe Ensemble
Résolument centrée sur l’histoire du temps présent et ses enjeux les plus contemporains, la table ronde se propose de réexaminer la question classique sur le « métier d’historien » à travers les retours d’expérience de quatre terrains de recherches particulièrement exposés et brûlants actuellement (Pologne, Russie, Rwanda, Turquie). Conditions d’accès aux archives, polarisations politiques, débats historiographiques et mémoriels autour des violences de masse, contexte législatif et judiciarisation, nouveaux objets : il s’agira d’abord de dresser un état des lieux au temps t, mais aussi d’éclairer les reflets européens de ces champs profondément transnationaux.

Modérateur : Thomas Serrier, PR Univ. Lille
Intervenants : Hamit Bozarslan, Historien, Sociologue, directeur de recherche à l’EHESS
Hélène Dumas, chargée de recherches au CNRS
Nicolas Werth, Professeur, IHTP, Centre international de Recherche de l’Historial de la Grande Guerre
Audrey Kichelewski, Maitresse de conférences en histoire contemporaine à l’Université de Strasbourg, Passés composés

 

14 h à 15 h 30 - TABLE RONDE
Dans l'atelier de l'historien : travail et techniques des artisans, de la Grèce classique à l'époque contemporaine

Table ronde proposée par le Département d’histoire de l’Université d’Orléans
L’historiographie du travail artisanal est en profond renouvellement. À partir d’exemples inscrits dans la longue durée et issus de domaines variés, artisans de la construction, du corps, du luxe…, cette table ronde montrera que l’exploitation croisée des sources (comptabilités, livres de raison, enluminures, actes notariés, sources orales…) et la mise en œuvre de nouvelles méthodes, marquées par la pluridisciplinarité, permettent d’appréhender les techniques artisanales sous un jour nouveau, entre spécialisation et transversalités et de saisir, en écho, les représentations que les artisans se font eux-mêmes de leur travail et de leur identité professionnelle.

Modérateur : Catherine Lanoë, Maître de conférences en histoire moderne, Université d’Orléans
Intervenants : Noëlline Castagnez, Professeure d’Histoire contemporaine à l’Université d’Orléans, Revue Parlement(s)
Juliette Dumasy-Rabineau, Maître de conférences à l'Université d'Orléans
Amélie Perrier, Maître de conférences en histoire grecque, Université d'Orléans

 

Salle Lavoisier

10 h à 11 h - SALON DU LIVRE
Les survivants de l'improbable : les livres dans l'Antiquité. Avec Irene Vallejo

Carte blanche aux éditions Les Belles Lettres
Dans l'Antiquité est née une aventure sans pareille à laquelle, nous lecteurs et tous ceux qui aiment les livres participons encore. Aujourd'hui nous regardons la naissance de cette longue chaîne de transmission du savoir constituée d'écrivains, de copistes, d'enseignants, de bibliothécaires, comme acquise. Ces héros anonymes ont sauvé, bien souvent, de la destruction ces coffres de pages. Sans les livres, nos meilleures histoires, nos idées les plus précieuses, auraient disparu dans l'oubli.

Intervenante : Irene Vallejo, autrice - docteure en philologie classique, Universités de Saragosse et de Florence

 

11 h 30 à 13 h - TABLE RONDE
Sphère du travail, sphère du logement : un équilibre instable

Public, privé, travail, logement, tout s’entremêle. La période incite à explorer les limites de ces univers qui s’entrechoquent, sans préjugés ni certitudes. De nouvelles initiatives émergent pour répondre à ces changements spatiaux. On peut citer l’engouement autour des habitats coopératifs et les nouvelles solutions autour du logement. L’aménagement du territoire et des villes, en réinvestissant certains espaces par exemple, propose de nouvelles façons de penser les frontières entre la sphère publique et la sphère privée, entre l’habitation et le lieu de travail. Les universitaires, les chercheurs mais aussi les acteurs de terrain, chacun à sa manière tâtonne pour s’adapter à une carte en mouvement.

Modérateur : Louis Henry, Architecte urbaniste, Institut pour la recherche de la Caisse des Dépôts
Intervenants : Marie-Claude Dalibard, Architecte urbaniste
Morgan Poulizac, Fondateur, Bureau d'études OBJEU
Martine Zussy, Présidente, Motoco
Catherine Sabbah, Déléguée générale, Institut Des Hautes Études pour l’Action dans le Logement

 

14 h à 15 h 30 - TABLE RONDE
À quoi sert le ministère du Travail ?

Carte blanche à CHATEFP
Le travail s’est longtemps – jusqu’en 1906 – passé d’un ministère. Si sa création résulte d’un consensus politique large allant des catholiques sociaux aux militants du mouvement ouvrier, le ministère du Travail n’a cessé de voir sa légitimité contestée. Il doit en outre, et davantage que d’autres administrations, partager sa compétence puisque le travail et la prévoyance sociale n’ont pas toujours relevé de son domaine exclusivement. Ainsi, pendant la Première Guerre mondiale, le recrutement, la gestion et la protection des mains-d’œuvre relèvent du ministère du Travail mais aussi de la Guerre, de l’Armement, des Colonies, de l’Agriculture, etc. Dédié à la protection juridique, physique et mentale des travailleurs, coproducteur et administrateur de la norme du travail, le ministère doit aussi veiller aussi à ne pas déséquilibrer les termes de la concurrence entre les entreprises. Cette ambivalence est le reflet des tensions entre la protection de la main-d’œuvre et la gestion de l’emploi, deux attributions du ministère qui se déclinent à la fois dans l’espace public et celui des entreprises privées. Ce panel propose donc de s’interroger sur ce que mener une politique du travail a signifié en étudiant la définition et l’évolution disputées des grandes fonctions du ministère : observer le social, protéger les travailleurs, réguler les conflits et adapter la force de travail à la conjoncture économique.

Modérateur : Laure Machu, maîtresse de conférences, IDHE.S Nanterre
Intervenants : Jérôme Pélisse, Professeur des Universités, Science-Po, Centre de sociologie des organisations
Sylvain Bertschy, Docteur en histoire contemporaine Ingénieur de recherche, GISCOP 84 - EHESS, IRIS -UMR8156
Isabelle Lespinet- Moret, Professeure en histoire contemporaine, Université Paris 1
Stéphane Lembre, Laboratoire CREHS, université d’Artois, Association française pour l’histoire des mondes du travail, GDR Techniques et production dans l’histoire.

 

16 h à 17 h - L'HISTOIRE EN DÉBATS
Des artistes engagés : défense et illustration du monde ouvrier en peinture et sculpture

Communication proposée par Philippe Rouillac
Avant le milieu du XIXe siècle la représentation du travail n’allait pas de soi. Le thème du travailleur renvoie à la littérature et particulièrement à Émile Zola. Passer outre les préventions du public, et des commanditaires nécessitait des artistes un engagement personnel, politique et social. De Triptolème, le semeur nu et héroïque de l’Antiquité grecque, on passe à une représentation naturaliste du mineur de Germinal, puis aux drapeaux des manifestants du début du XXè siècle. Les sites industriels, hauts fourneaux n’en sont pas moins absents, cathédrales des temps modernes, ou beauté et malédiction du prolétariat, du monde ouvrier s’entrecroisent. Description et peinture des usines comme leurs prédécesseurs ont pu le faire de l’Enfer. Si la représentation du monde ouvrier reste ambivalente, l’entre-deux-guerres marque un changement radical de la société. La sublimation de la lutte prend implicitement la place de la religion. Des œuvres par Rodin, Van Gogh, Degas, Luce, Dalou, Grand-Jouan, Steinlen parmi les artistes les plus célèbres, illustreront cet art engagé de la représentation du travail.

Intervenant : Philippe Rouillac, Commissaire priseur